Flèche du pont Jacques-Gabriel, photographiée depuis une embarcation sur la Loire s’apprêtant à passer dessous.
Flèche du pont Jacques-Gabriel

Pont Jacques-Gabriel

Lien historique entre le centre-ville et le quartier Vienne, le pont Jacques-Gabriel est le plus ancien pont de Blois.

Adresse : Pont Jacques-Gabriel, 41000 Blois

Mise en lumière

Les principaux monuments blésois bénéficieront prochainement d’une mise en lumière. C’est l’une des actions du dispositif « Action cœur de ville », qui a pour but de redynamiser l’hypercentre de Blois.

Le pont Jacques-Gabriel sera le premier édifice à bénéficier de cette mise en lumière, qui devrait être achevée en février 2020.

En savoir plus sur le projet de mise en lumière de patrimoine…

Le plus ancien pont de Blois

En février 1716, pris par le gel depuis deux mois, le pont médiéval de la ville ne résista pas à la débâcle des eaux du fleuve. Treize de ses vingt arches, ainsi que les édifices construits dessus, s’écroulèrent. L’ampleur des dommages, sur une ville fluviale et carrefour de communication comme Blois, décida le Régent à autoriser la construction d’un nouveau pont dès novembre 1716. C’est Jacques V Gabriel, architecte des bâtiments du Roi, qui en assura la conception.

Premier pont réalisé par le corps des Ponts et Chaussées, les travaux, lancés en avril 1717, furent exécutés sous la surveillance de l’ingénieur Jean-Baptiste de Régemortes, assisté plus tard par Robert Pitrou. Ce chantier impressionna par son ampleur et par sa rapidité. Près d’un millier d’hommes y furent liés, parmi lesquels 600 du régiment de Piedmont, disponibles en cette période de paix, permettant ainsi la fin des travaux seulement sept ans après leur lancement.

Au final, c’est le premier des grands ponts modernes sur la Loire mais aussi le dernier en forme de dos d’âne prononcé. L’ouvrage comprend onze arches, mesure 283 mètres de long et est surmonté en son centre d’une pyramide, haute de 14,60 mètres.

Cette construction eut notamment des répercussions sur l’évolution urbaine de Blois avec, dès 1723, l’aménagement des quais et la destruction d’une grande portion du mur de la ville. Par ailleurs, le nouvel ouvrage, construit à 70 mètres en amont de l’ancien pont médiéval, ne se trouvait plus dans l’axe de l’ancienne grande rue. Aussi, le fit-on communiquer avec la rue de la Poissonnerie (aujourd’hui disparue) qui fut élargie. Plus tard, l’ouvrage devint l’axe sur lequel s’ordonnèrent la route royale du Berry et la voie principale de la ville (rue Denis-Papin).

Réputé pour sa solidité, l’ouvrage n’en fut pas pour autant préservé. Au cours des conflits qui jalonnèrent l’histoire de France, une ou plusieurs arches furent détruites :

  • en 1793, pour s’opposer au franchissement de la Loire par les Chouans ;
  • en 1870, pour retarder l’invasion prussienne ;
  • en juin 1940, pour retarder celle de l’armée allemande ;
  • et le 16 août 1944 lorsque les Allemands firent sauter les trois arches centrales et la pyramide pour protéger leur retraite.

Avec les travaux de reconstruction et ceux de réfection réalisés en 1978, ne reste aujourd’hui que trois arches d’origine.

Classé Monument historique, le pont Jacques-Gabriel, constitue un des éléments majeurs du patrimoine architectural blésois.

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