Le 113e régiment d’infanterie descend la rue Gallois pour se diriger vers la gare, le 5 août 1914.
Précédé des tambours et des clairons, le 113e régiment d’infanterie descend la rue Gallois pour se diriger vers la gare, le 5 août 1914. Dix-sept jours plus tard, la moitié de ces hommes auront été tués.

histoire

Bataille de Signeulx, 22 août 1914

Signeulx… La plaque de rue qui, le long du haras de Blois porte ce nom, est une des plus longues de toute la ville. Mais qui prend le temps de lire ce qu’elle détaille ?

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Le 21 août 1914, alors que s’engage ce que l’on a appelé la guerre des frontières ou bataille de Charleroi, le 113e régiment d’infanterie, parti de Blois le 5 août, prend contact pour la première fois avec l’ennemi. Dans cette région frontalière, proche du grand duché de Luxembourg, les Allemands tiennent le côté nord de la frontière, côté Belgique où ils ont eu plus de dix jours pour renforcer leurs positions. Les Français, venus de Verdun par Mangiennes et Longuyon, cantonnent à Signeulx, juste au-delà de la frontière belge le 21 août au soir. Dès 17 heures, les Allemands attaquent et ce premier combat qui dure jusqu’à 23 heures fait déjà de très nombreuses victimes.

Le 22 août, à 5 h 30 du matin, dans un épais brouillard qui ne permet pas de voir au-delà de 50 mètres, les combats reprennent. À deux reprises, le 113e se lance à l’assaut des lignes allemandes. Mais, soutenus par leur artillerie installée sur les hauteurs, les Allemands pilonnent l’armée française. Vers midi, le général Brisset commande la retraite. Jusqu’au soir, les Français tentent de se replier en bon ordre.

Mais au soir les pertes sont terribles. Fort de 3 200 hommes partis de Blois, le 113e n’en compte plus que 1 600. Son chef, le colonel Gerardin, blessé, a été fait prisonnier. Trois chefs de bataillon, six commandants de compagnie sont hors de combat. Malgré leur supériorité, les Allemands ont également perdu de nombreux hommes mais on ne saura jamais combien exactement. Beaucoup de cadavres sont en effet incinérés pour tromper l’opinion publique. Qu’aurait en effet pensé la population devant des convois de cercueils aux premiers jours d’une guerre que l’on annonçait courte ? Côté français, les pertes furent également tues pendant longtemps.

Il semble en fait que cette journée du 22 août 1914 fut une des plus meurtrières de l’histoire de l’armée française toutes périodes confondues. On estime entre 20 et 30 000 les pertes françaises et aux environs de 10 000 celles des Allemands entre Longwy et Charleroi sur un front de 120 km dont Signeulx marque l’épicentre.

Il semble en fait que cette journée du 22 août 1914 fut une des plus meurtrières de l’histoire de l’armée française.

Par Bruno Guignard