histoire

La collection Napoléon du Château royal

L’empereur Napoléon Premier (1769–1821) ne fit qu’une brève halte à Blois le 13 août 1809 en revenant d’Espagne avec l’impératrice Joséphine. Mais suite à la prise de Paris par les forces européennes alliées, la cour impériale se réfugie à Blois le 2 avril 1814, où le gouvernement tente brièvement de fonctionner avant que les défections de plusieurs maréchaux ne contraignent Napoléon à abdiquer, le 6 avril 1814.

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Par Élisabeth Latrémolière, photos © Thierry Bourgoin

Le Château de Blois gare un lien particulier avec Napoléon. C’est en effet grâce à l’empereur que le Château est aujourd’hui municipal. En 1810, le Château est une caserne, et ce depuis 1791, il accueille le 73e régiment d’infanterie de ligne. Par un décret daté du 23 avril 1810, le bâtiment est cédé à la municipalité, lui laissant en contrepartie la charge de son entretien. L’édit stipule en outre qu’aucune modification de l’édifice ne peut être faite sans accord du ministère de la guerre.

Par ailleurs, il existe dans les réserves du Château une collection tout à fait étonnante en lien avec Napoléon, celle de monsieur Ernest Petit. Cet avocat blésois a légué en 1934 un ensemble hétéroclite d’objets à l’effigie de Napoléon réalisés entre 1814 et 1870. Mais loin de s’intéresser aux œuvres d’art célèbres et aux portraits officiels, il a plutôt collecté des œuvres d’art mineures. Des gravures, des bibelots, florilège populaire du culte de Napoléon, qui témoignent mieux que tout de l’obsession qui hanta les esprits pendant le 19e siècle.

Cette collection compte 1841 objets. on y retrouve des estampes naïves représentant les hauts faits de la légende napoléonienne ou bien des scènes de vie quotidienne, mais aussi des objets plus insolites : un encrier en forme de chapeau, des noix de coco sculptées, un essuie plume, des moules à gaufres, des sabots, un jeu de société ou bien encore un thermomètre. Ont également été conservées pieusement des reliques : une mèche de cheveux de l’aiglon et une poignée de terre provenant du tombeau de sainte-Hélène.

L’ensemble impressionne par son volume et sa diversité. il est révélateur de la précocité du culte lié à Napoléon, institué par lui-même dès le début de sa carrière, afin d’écrire sa légende et de frapper l’imagination populaire pour la postérité.

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