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Journée nationale d’hommage aux Morts pour la France en Indochine et théâtres d’opérations extérieures

Le maire de Blois, Marc Gricourt, s’est exprimé à l’occasion de la journée nationale d’Hommage aux Morts pour la France en Indochine et théâtres d’opérations extérieurs, ce mardi 8 juin 2021.

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Monsieur le préfet,
monsieur le président du conseil départemental,
mesdames et messieurs les élu·es,
monsieur le délégué militaire départemental,
mesdames et messieurs les représentants des services de sécurité et de secours,
mesdames et messieurs les présidents et représentants des Ordres nationaux, des associations patriotiques et civiles,
mesdames et messieurs les portes-drapeaux,
mesdames et messieurs,

J’associe à mes propos les élus délégués à la mémoire et aux associations patriotiques, Christelle Leclerc et Frédéric Orain.

Nous rendons hommage aux Morts de la Guerre d’Indochine en ce 8 juin afin de ne pas oublier le sang versé par nos soldats, dans une guerre d’un autre temps, mais dont les plaies demeurent, pour les rescapés, pour les familles de victimes.

Alors que la Seconde Guerre mondiale avait épuisé, meurtri et affaibli notre armée nationale, le coup de force de l’armée japonaise le 9 mars 1945 décide le général de Gaulle à intervenir en Indochine. En juin 1945, le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient prend la mer Méditerranée, sous le commandement du général Leclerc, pour rejoindre des commandos français de la direction générale des Études et de Recherche déjà sur place. L’objectif, en alliance avec les Britanniques et les Chinois, est de rétablir l’ordre devant le chaos laissé par l’armée japonaise, sous l’autorité du haut commissaire Thierry d’Argenlieu.

Le général Leclerc, lucide, interpelle la métropole : Tendez la corde, tirez dessus… mais surtout qu'elle ne casse jamais !… Il nous faut la paix. Il sent que l’indépendance est possible, il souhaite éviter ce que pourtant déclenchera, avec toutes ses conséquences, le bombardement d’Haïphong le 23 novembre 1946 et par voie de ricochet l’insurrection d’Hanoï le 23 décembre suivant. La Guerre d’Indochine a alors commencé et elle entraîne des vies dans de nouvelles épreuves de sang et de larmes. Comment ne pas pleurer le sang d’hommes courageux, faisant preuve de la plus grande abnégation et se battant, parfois dans l’incompréhension, pour les vestiges d’un Empire à la peine ?

En ce jour, la République rend un hommage aux frères d’armes, légionnaires, parachutistes, aviateurs, marins, métropolitains, algériens, africains, vietnamiens qui se sont battus pour l’honneur de la France. Ils ont tout sacrifié, le temps passé avec leur famille, le confort, la santé, leurs illusions de jeunesse aussi. Trop nombreux sont ceux qui y ont laissé leur vie, trop nombreux ceux revenus blessés. L’horreur culmine lorsque les hommes sont pris au piège de Dien Bien Phu, sous le pilonnage et l’assaut des Vietminh entre le 13 mars et le 7 mai 1954.

Car la paix est une aspiration indépassable, je citerai Pierre Mendès-France devant l’Assemblée nationale le 22 juillet 1954, à son retour de la signature des accords de Genève  : Ne sentez-vous pas de quelles grandes entreprises, constructives celles-là, ce pays est capable pour peu qu'une volonté commune anime enfin tous ses enfants ? Ces paroles, de raison et de conviction, préfiguraient la reconnaissance par la France, après les errements de la 4ème République, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

J’ai enfin une pensée émue pour les rescapés et les veuves de soldats ayant choisi ou été forcés de prendre la mer, pour la France, en 1954. Certains d’entre eux ont découvert une terre qu’ils ne connaissaient pas. Je sais la douleur qu’ils ont pu ressentir, d’autant plus lorsqu’ils avaient le sentiment de ne pas être reconnus ou accueillis à la hauteur qu’exigeaient pourtant les circonstances.

Je salue la présence ce matin de Colette Luzeux, présidente de la fédération des Anciens d’Indochine et théâtres d’opérations extérieurs (Faitoe) de Loir-et-Cher et les associations d’Anciens combattants et représentants des ordres nationaux.

Aujourd’hui, la France se souvient, elle rend un hommage à ses soldats, à ceux qui ont choisi de sacrifier leur vie pour leur patrie, sur le sol national et sur des terrains extérieurs. Vive la République, et vive la France.

— Marc Gricourt,
maire de Blois,
le 8 juin 2021.