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Anniversaire de la victoire du 8 mai 1945

Blois célébrait aujourd’hui le 76e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945. Une date « symbole de la fin de l’horreur et du régime nazi, mais aussi de la paix et du projet européen », pour le maire de Blois. En raison de la situation sanitaire, la cérémonie n’était pas être ouverte au public. Les autorités et associations étaient néanmoins réunies en petit comité, place de la République, pour faire perdurer le devoir de mémoire.

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Discours du maire de Blois, Marc Gricourt

Monsieur le préfet,
monsieur le député,
madame la conseillère départementale,
mesdames et messieurs les élu·es,
monsieur le procureur,
monsieur le délégué militaire départemental,
mesdames et messieurs les représentants des services de sécurité et de secours,
mesdames et messieurs les présidents et représentants des Ordres nationaux, des associations patriotiques et civiles,
mesdames et messieurs les portes-drapeaux,
mesdames et messieurs,

Il y a quelques jours, nous étions réunis pour commémorer la libération des camps de concentration et d’extermination.
Nous voilà de nouveaux rassemblés pour célébrer le 76e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945. Pour les Français, la Seconde Guerre mondiale se termine en ce jour de mai 1945, après cinq longues années de souffrance. Pour que cette guerre se termine pour de bon, il faut attendre encore quelques mois et surtout deux événements d’une extrême violence survenus en août 1945 : le bombardement d’Hiroshima suivi du bombardement de Nagasaki pour que tous les belligérants déposent les armes. Une fin à l’image de cette guerre qui n’aura épargné personne. 

La Seconde Guerre mondiale a marqué un tournant dans les conflits militaires : elle a la singularité d’être l’une des premières guerres où la population civile est massivement au cœur du conflit. Durant quatre années, les Français ont eu à subir l’invasion, l’exode, l’occupation, l’oppression, les représailles, les massacres, les bombardements et les combats de la libération. 

La violence de cette guerre a été sans précédent. Au-delà des conflits militaires, ce sont des millions d’innocents, hommes, femmes, enfants qui ont été persécutés et massivement déportés. Déportés parce qu’ils étaient juifs, tsiganes, slaves, homosexuels, handicapés ou encore pour leurs idées politiques. De nombreux civils ont péri, victimes de la solution finale, orchestrée par des architectes de la mort. 

Certains ont refusé l’oppression et ont commencé à lutter dans l’ombre et la clandestinité. Au fil des années d’occupation, les hommes et les femmes de l’ombre sont de plus en plus nombreux et s’organisent en réseaux. Certains ont fait le choix de la France libre, d’autres ont fait le choix de la lutte intérieure. Ils se sont engagés pour libérer leur pays, se débarrasser du joug de l’ennemi ou pour aider ceux qui étaient persécutés. Ces hommes et ces femmes ordinaires, passeurs, saboteurs, maquisards, « justes parmi les nations », ont risqué leur vie pour sauver celle des autres. 

Le 8 mai 1945 est le symbole de la fin de l’horreur et du régime nazi, c’est aussi le symbole de la paix et du projet européen. Afin que les atrocités de cette guerre ne se répètent pas, les pays belligérants se devaient de trouver un terrain d’entente afin de construire un avenir ensemble. Lorsque nous regardons l’histoire aujourd’hui, tout laissait à penser que la Première Guerre mondiale ne pouvait pas être le dernier conflit, la « Der des Ders ». L’Allemagne est pointée du doigt comme seule responsable de cette guerre, mettant l’Europe à feu et à sang et les alliés l’humilient avec le traité de Versailles. La crise économique que traverse l’Allemagne à la sortie de la Première Guerre pousse les Allemands à se tourner vers un homme providentiel promettant le redressement du pays. La suite nous ne la connaissons que trop bien. 

Le projet européen est créé à la sortie de la guerre pour instaurer une paix durable entre les nations et se préserver de la dérive totalitaire. Cette paix entre les peuples et cette fraternité se dessinent à Blois par nos liens étroits et nos coopérations avec les villes de Weimar, de Waldshut-Tiengen, de Lewes, de Cáceres et Urbino.

Transmettre cette histoire est essentiel pour garantir et consolider notre République. Les discours réactionnaires et même révisionnistes n’ont pas disparu et il est important de rappeler les horreurs de cette guerre et les limites franchies par la barbarie nazie. Il est essentiel de préserver les valeurs européennes telles que le respect de l’autre, la liberté et la solidarité afin de pérenniser une Europe fraternelle.

Pour perpétuer cette histoire, nous avons pu compter pendant des années sur les témoins de cette époque. Malheureusement, ils sont de moins en moins nombreux et c’est à nous de prendre le relais. C’est ce que nous nous efforçons de faire lors de ces commémorations et au sein du Centre de la résistance, de la déportation et de la mémoire. La transmission de la mémoire est un devoir qui touche toutes les générations.

Ainsi, depuis 1961, le Concours national de la résistance et de la déportation s’attache à impliquer les jeunes générations pour qu’elles deviennent par la suite le nouveau flambeau de cette mémoire. Traditionnellement lors de cette cérémonie nous avons le plaisir de découvrir les lauréats. Malheureusement, comme l’année dernière, le contexte sanitaire bouleverse le calendrier et les lauréats seront connus le 18 juin. 

J’adresse mes félicitations à Michel Duru et Michel Esnault qui ont tous les deux reçu la médaille de l’Ordre national du Mérite pour leurs actions dans la Résistance. 

La Ville de Blois se veut également active dans cette commémoration en accompagnant la mise en place d’un parcours pour la paix organisé par le centre départemental de Documentation pédagogique. Ce parcours historique au cœur de la ville a été effectué par des classes d’élémentaire ce lundi 3 mai.

Je tiens à saluer l’ensemble des associations d’Anciens combattants. Nous ne saluerons jamais assez le travail remarquable réalisé par ces associations et par toutes les personnes ayant une part active dans la transmission de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et plus généralement de la mémoire de l’ensemble des conflits. 

Vive la République, vive la France dans une Europe de paix.
Merci de votre attention.

Seul le prononcé fait foi

Transmettre cette histoire est essentiel pour garantir et consolider notre République. Les discours réactionnaires et même révisionnistes n’ont pas disparu et il est important de rappeler les horreurs de cette guerre et les limites franchies par la barbarie nazie.

Pour perpétuer cette histoire, nous avons pu compter pendant des années sur les témoins de cette époque. Malheureusement, ils sont de moins en moins nombreux. C’est à nous de prendre le relais. »