environnement

Vigilance sécheresse : les mesures pour l’eau à Blois

Pourquoi l’eau est-elle de plus en plus rare ? pourquoi sa qualité se dégrade-t-elle ? que font la Ville et l’Agglomération pour l’économiser ? Y a-t-il une alerte et des restrictions en ce moment ? Consultez cette page dédiée à la sécheresse pour des éléments de réponse à ces questions.

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Niveaux d’alerte et restrictions

Quel est le niveau de sécheresse actuel ?

Le niveau actuellement déclaré par la préfecture pour Blois est le niveau « vigilance sécheresse », depuis le 30 juin 2022.

Note : d’autres zones du département peuvent avoir un niveau de sécheresse différent. Consultez le site web de la préfecture pour en savoir plus.

Quels sont les différents niveaux de sécheresse ?

Il y a quatre niveaux de sécheresse, définis par un arrêté préfectoral :

  1. vigilance — sensibilisation générale à l’économie d’eau ;
  2. alerte —  premières restrictions ;
  3. alerte renforcée — restrictions intermédiaires ;
  4. crise — restrictions fortes.

Comment sont déclarés les niveaux de sécheresse ?

Le niveau 1 (vigilance) est déclaré suite au constat d’une « situation hydrologique dégradée », au début du printemps (période qui correspond à la fin de la recharge des nappes d’eau souterraine et à la reprise de la végétation). Concrètement, ce constat s’appuie sur l’analyse des relevés des stations du réseau ONDE, des prévisions pluviométriques et du bulletin régional mensuel de la situation hydrologique et hydrogéologique (niveau de recharge des nappes souterraines).

Les niveaux 2, 3 et 4 (alerte, alerte renforcée et crise) sont déclarés dans une zone quand le débit moyen journalier du cours d’eau de cette zone (relevé par une station d’alerte) est inférieur à un seuil précis. Chaque zone à ses propres seuils, en fonction de son cours d’eau. Retrouvez le détail de ces seuils, zone par zone, dans l’arrêté préfectoral.

Quelles sont les limitations en cas d’alerte ou de crise ?

Voici les restrictions prévues par l’arrêté-cadre préfectoral.

  Alerte Alerte renforcée Crise
Lavage des véhicules Interdit, sauf stations professionnelles équipées d’un système de recyclage des eaux ou d’un système de lavage haute pression.
Nettoyage des façades, voiries, toitures, trottoirs et autres surfaces imperméabilisées ne faisant pas l’objet de travaux
  • Voiries, trottoirs et autres surfaces imperméabilisées : limité au strict nécessaire pour assurer l’hygiène et la salubrité publique.
  • Façades, toitures : interdiction
Arrosage des pelouses, massifs fleuris, arbres et arbustes Interdit de 10 h à 18 h. Interdit, sauf pour les jeunes gazons implantés depuis l’automne précédent et les arbres et arbustes de moins de 2 ans.
Arrosage des jardins potagers Interdit de 10 h à 18 h. Interdit de 8 h à 20 h.
Alimentation des fontaines d’ornement, bassins d’ornement, jeux d’eau, etc. Interdit, sauf circuit fermé.
Note : toutes les fontaines de Blois sont en circuit fermé.
Remplissage et vidange de piscines privées (de plus d’un mètre cube) Interdiction de remplissage,
sauf remise à niveau nécessaire au bon fonctionnement de l’ouvrage et premier remplissage pour chantier en cours

Mesures prises par la Ville et l’Agglomération

1. La gestion écologique des eaux de pluie

Permettre aux eaux de pluie de s’infiltrer au plus près de là où elles tombent afin d’éviter leur pollution et la saturation des réseaux, mais aussi de favoriser le rechargement des nappes phréatiques : tel est l’objet de la gestion naturelle des eaux de pluie, désormais appliquée à tous les projets d’aménagements de la Ville (rue du Bourg-Neuf, quartier Clérancerie, gymnase Marie-Amélie-Le-Fur, etc.). Prochaine réalisation : la déconnexion d’un parking de l’avenue de France.

2. La désimperméabilisation des cours d’écoles

Voté fin 2020, le programme de réaménagement des cours d’écoles a pour objectif de rendre ces espaces de vie plus verts et plus ouverts. La gestion écologique des eaux de pluie y est intégrée, sur la base d’une déconnexion d’une partie des bâtiments couplée à une désimperméabilisation des sols (remplacement du bitume par un sol perméable). La cour de l’école élémentaire Raphaël-Périé a été la première à bénéficier de ces aménagements. Cet été, les travaux commenceront sur celle de la maternelle Simone-de-Beauvoir. La Ville a également lancé un programme de désimperméabilisation des pieds d’arbres sur l’espace public, pour réduire l’artificialisation des sols et adapter la ville au changement climatique.

3. La sobriété au jardin

Végétaliser plus en consommant moins d’eau, tel est le défi relevé par la direction parcs et jardins et espaces naturels. Pour ce faire, les équipes travaillent à la sobriété de leurs usages – à travers la gestion écologique des eaux de pluie, l’installation de cuves de récupération, l’adoption de nouvelles pratiques (paillage, diminution des tailles et tontes en été, suppression des engrais chimiques, etc.) et l’introduction de variétés de plantes capables de s’adapter au changement climatique.

4. La lutte contre les lingettes jetables

À travers une campagne de communication lancée il y a près de 10 ans et régulièrement reprise, la Communauté d’agglomération se fait le fer de lance de la lutte contre le fléau que constituent les lingettes à usage unique — qui, lorsqu’elles sont jetées dans les toilettes — peuvent boucher les pompes et les canalisations, voire se retrouver dans la Loire. Favorisons l’usage d’éponges ou de lingettes lavables.

5. L’expérimentation d’un filtre à déchets

La Ville et la Communauté d’agglomération expérimenteront, dès cette année, l’installation d’un filtre destiné à récupérer les déchets jetés par terre et qui se retrouvent dans les caniveaux (et donc dans les réseaux pluviaux) avant qu’ils ne soient rejetés dans la Loire.

6. La restauration du ruisseau des Mées

Une étude sera lancée cette année dans l’objectif de renaturer le ruisseau des Mées en lui redonnant une dynamique hydraulique afin de recréer des milieux favorables à la biodiversité et d’améliorer la qualité de son eau.

7. La réhabilitation de la mare de Villiersfins

Le projet de restauration de la mare de Villiersfins est en cours, répondant à l’idée de sauvegarder les petites réserves d’eau qui servent de refuge à une faune en danger — en l’occurrence, une population relictuelle de crapauds-accoucheurs.

9. La promotion d’une agriculture responsable

L’objectif du 100 % de produits bio et locaux dans les cantines répond à une volonté de protéger la santé des enfants, mais aussi d’offrir des débouchés aux agriculteurs afin d’encourager leur conversion et, ainsi, préserver l’environnement et les ressources en eau. Parallèlement, dans le cadre plus large du projet alimentaire territorial, 20 agriculteurs volontaires bénéficieront d’un accompagnement de trois ans à la conversion en bio.

10. La protection contre les inondations

Après le renforcement des digues de Loire, qui a augmenté le niveau de protection des populations, la poursuite du projet de parc agricole naturel urbain de la Bouillie permettra de dévier l’eau du fleuve en cas de forte inondation tout en offrant un nouvel espace de nature aux Blésoises et aux Blésois.

Le rôle de l’industrie, de l’agriculture et des services

  • Consultez le site web de la préfecture pour en savoir plus sur les mesures à destination du secteur professionnel.
  • Continuez à défiler pour lire notre article, qui contient un aperçu de ce que peut faire le monde de l’industrie dans la préservation de l’eau.

Les bons gestes au niveau individuel

Au jardin

  • J’arrose si c’est autorisé (selon le niveau d’alerte) tôt le matin ou tard le soir et avec parcimonie.
  • Au potager, je paille pour arroser moins et j’utilise les déchets verts du jardin.
  • Je récupère l’eau de pluie pour arroser mon potager et mes fleurs.
  • Je choisis des espèces moins gourmandes en eau et résistantes à la chaleur.
  • J’installe un oya pour espacer mes arrosages.

Chez moi

  • Je surveille mon compteur et mes points d’eau : pas de fuite sans suite !
  • Je préfère les douches aux bains. Un bain est l’équivalent en volume de deux douches.
  • Je limite le remplissage de ma chasse d’eau, par exemple en mettant une bouteille remplie de sable ou d’eau de pluie dans le réservoir.
  • Je réutilise l’eau de cuisson une fois refroidie pour arroser mes plantes.
Les élèves de l’école Rol-Tanguy arrosent leur potager grâce à des oyas (pots en terre cuite enterrés dans le jardin permettant un arrosage moins fréquent), avec l’aide d’une adulte.

L’eau un bien précieux à préserver

par Anne-Sophie Perraudin, mi-mai 2022

Du fait de l’activité humaine et de ses conséquences sur le climat, la ressource en eau s’appauvrit et sa qualité se dégrade. Face à ces constats, la Ville et Agglopolys développent de nombreuses solutions pour s’adapter à la sécheresse et lutter contre la pollution. Mais la mobilisation doit être encore plus générale.

On l’appelle l’or bleu. L’eau, on le sait, est une ressource naturelle de plus en plus rare et de plus en plus précieuse. Les alertes se multiplient et ne peuvent être ignorées

Fin février, le sixième rapport du GIEC tirait la sonnette d’alarme : si le réchauffement climatique n’est pas maîtrisé, les épisodes de sécheresses intenses se multiplieront, entraînant des pénuries d’eau et des dégradations de sa qualité. Ces phénomènes, il faut en avoir conscience, n’épargneront pas l’Europe. Sans adaptation, les conséquences pourraient être désastreuses.

Or, deux mois après ce rapport, la communauté scientifique faisait une autre annonce fracassante : la sixième limite planétaire (sur 9), celle du cycle de l’eau douce, venait d’être franchie (voir « Une question à Hélène Menou », plus bas).

Le constat est clair : l’appauvrissement de la ressource constitue un danger pour l’humanité. Il est donc plus qu’urgent de tout mettre en œuvre pour la préserver.

Agir sur la protection de la ressource et son usage

Sensibles à cette problématique, la Ville et Agglopolys ont inscrit la question de l’eau et de la sobriété des usages à leur Plan climat dès 2018. Les deux collectivités travaillent main dans la main. Des actions peuvent et doivent être menées à tous les niveaux, mais la question globale ne peut être abordée qu’à l’échelle du grand territoire, explique Jérôme Boujot, adjoint au maire à la ville durable et vice-président d’Agglopolys au cycle de l’eau. L’eau ne connaît pas de frontières.

Ainsi, c’est à la communauté d’agglomération que revient aussi bien la compétence du petit cycle de l’eau (potable et pluviale) que celle de son grand cycle (la fameuse GEMAPI, gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Cela nous permet d’agir à la fois sur la protection de la ressource et sur son usage, résume Hélène Menou, adjointe au maire en charge du Plan climat.

Une qualité de l’eau dégradée

Pour exercer la compétence « gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations », Agglopolys s’appuie sur les syndicats de rivières, qui déclinent des politiques de préservation de la ressource et de restauration de la qualité des milieux aquatiques à l’échelle de leurs territoires. Trois exercent sur le périmètre d’Agglopolys, au niveau des bassins versants de la Cisse, du Beuvron et de l’Amasse. Ces syndicats de rivières réalisent des travaux de renaturation des berges et de renforcement de la biodiversité pour améliorer la qualité de l’eau des rivières.

Certaines nappes, notamment au Nord de Blois, conservent des polluants. Les problèmes de pollution des eaux ont des facteurs multiples : plastique, engrais et pesticides, contraceptifs, destruction des milieux naturels, usages industriels passés, etc. Divers moyens sont mis en œuvre pour ne pas aggraver le phénomène et préserver ce qui peut l’être, mais le problème n’en reste pas moins persistant.

À Blois, l’eau potable provient à 60 % de la Loire et à 40 % de la nappe des calcaires de Beauce. Pour autant, ces proportions ont dû être inversées les deux derniers étés, à cause d’un niveau du fleuve trop bas et d’une température trop élevée, facteurs favorables au développement de cyanobactéries. Cela n’a pas eu d’incidence sur la qualité de l’eau potable grâce aux ajustements qui ont pu être faits.

Économisons l’eau aujourd’hui pour en avoir encore demain

Les épisodes de sécheresse s’accentuent et les inondations seront aussi plus intenses, constate Nicolas Orgelet, vice-président d’Agglopolys en charge de la transition écologique. Globalement, les tensions sur l’usage de l’eau douce augmentent entre la consommation des ménages, celle de l’industrie et celle de l’agriculture. Il va falloir économiser, mieux partager l’usage de la ressource et mieux protéger aussi les milieux naturels qui la préservent.

Ces phénomènes, que le changement climatique devrait accentuer, se traduisent par de longues périodes de déficit en eau ; les épisodes pluvieux intenses entraînent l’engorgement des sols mais ne permettent pas le rechargement suffisant des nappes phréatiques qui est un processus long.

Le 21 avril, la préfecture a déclenché le premier niveau d’alerte de l’arrêté sécheresse, dont l’objectif est de garantir les usages prioritaires de la ressource en cas de manque, via une série de mesures de restrictions destinées aux particuliers, aux entreprises, aux agriculteurs et aux collectivités. Si cette décision a été prise, c’est que le constat a été fait d’un trop faible rechargement des nappes phréatiques durant l’hiver. Une sécheresse est à craindre, et donc une tension sur l’accès à l’eau potable.

Il ne faut pas attendre pour modérer ses usages

L’arrêté préfectoral comporte quatre niveaux d’alerte. Au moment de finaliser de cet article (mi-mai 2022), nous n’en sommes qu’au premier, celui dit « de vigilance », qui n’impose pas de mesures contraignantes mais permet de sensibiliser les usagers. Pour autant, il convient de se remémorer que, durant pratiquement tout l’été dernier, le département était en alerte maximale. Un niveau dit « de crise » imposant d’importantes restrictions pour que la ressource en eau continue de répondre aux exigences de santé, de salubrité publique, de sécurité civile et d’alimentation en eau potable. C’est pourquoi il ne faut pas attendre pour modérer ses usages, insiste Hélène Menou en rappelant que, dès le deuxième niveau d’alerte, il est interdit d’arroser sa pelouse et son jardin d’ornement, de laver sa voiture au jet ou encore de remplir sa piscine et ses fontaines.

L’industrie aussi !

Le monde de l’industrie a lui aussi un rôle important à jouer dans la préservation de la ressource en eau. Certains l’ont bien compris, à l’image de la blanchisserie industrielle ANRH, à Blois. D’une part, l’entreprise adaptée a investi dans un tunnel de lavage économe en eau ; d’autre part, elle a mis en place un système de réemploi des bains de rinçage pour le trempage. C’est un travail de longue haleine qui nécessite la mobilisation de tous les collaborateurs, mais nous en sommes fiers car la baisse de nos consommations est significative, de l’ordre de 30 % de notre consommation d’eau annuelle, note Rebecca Delhuvenne, directrice de la structure. Déterminée à encourager le développement de telles résolutions vertueuses, Agglopolys et la Chambre de commerce et d’industrie ont lancé une démarche d’écologie industrielle territoriale dont l’objectif est de faciliter le partage des connaissances et les collaborations entre les entreprises locales sur les bonnes pratiques d’adaptation climatique et de préservation de l’environnement.

Une question à… Hélène Menou

Pourquoi est-il urgent de se préoccuper de son propre usage de l’eau ?

Parmi les conséquences du changement climatique, les canicules provoquent des sècheresses ainsi que la diminution des débits des rivières et des niveaux des nappes phréatiques. Il y a peu, nous avons franchi la sixième limite planétaire (sur 9), celle du cycle de l’eau : c’est le seuil à partir duquel l’humanité risque de compromettre les conditions favorables à la vie. C’est pourquoi dans l’agriculture, l’industrie, les collectivités mais aussi en tant qu’habitant, chacun doit œuvrer à préserver ce bien précieux, en interdisant les pollutions (peintures, produits d’entretiens, pesticides, déchets, etc.) et en adoptant une sobriété de tous les jours.